mardi, 03. septembre 2013

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Situation des ressources en eau dans le monde et en Afrique

fotolia.comL'eau est une ressource naturelle limitée, nécessaire à la vie et aux systèmes écologiques, et essentielle pour le développement économique et social. Cette assertion a été comprise dans sa pleine mesure par le chapitre 18 de l‟Action 21 du sommet de Rio en 1992. Son objectif général était « de veiller à ce que l'ensemble de la population de la planète dispose en permanence d‟eau en quantité et en qualité, tout en préservant les fonctions hydrologique, biologique et chimique des écosystèmes, en adaptant les activités humaines à la capacité limitée de la nature et en luttant contre les vecteurs des maladies liées à l'eau ».

En effet l'eau est une ressource indispensable pour de nombreux usages : l'agriculture utilise 67 % de l'eau prélevée, contre 23% pour l'industrie et 10% pour les agglomérations et usages domestiques. L‟utilisation de l‟eau agricole augmente de plus en plus devant un contexte, d‟une part de compétition avec les usages domestiques dont la tendance à la hausse suit l‟accroissement de la population, d‟autre part dans un contexte de changements climatiques dont les impacts sur les ressources en eau sont de plus en plus manifestes.

Ce chapitre expose l‟état actuel des ressources en eau dans le monde en général, et en Afrique sub-saharienne en particulier. Il aborde leur importance dans le développement économique et dans la préservation des écosystèmes, et montre les menaces de dégradation et de stresse qui pèsent sur elles.

1. Importance et enjeux autour des ressources en eau

Dans la plupart des pays en développement comme ceux d’Afrique, l’accès à l’eau se pose en termes de développement. En effet l’eau est source de vie au sens large du terme, puisqu’elle permet de développer les fonctions de production qui sous-tendent l’épanouissement des populations. C’est une ressource limitée nécessaire à la vie et aux systèmes écologiques, et essentielle pour le développement économique et social. Les populations ont besoin d’eau en qualité et en quantité pour être en bonne santé, ils ont besoin d’eau pour maintenir leurs activités économiques, agricoles…etc.

1.1 Fonctions et dimensions multiples de l’eau

L’eau est la base de toute forme de vie, elle est habitat, aliment, moyen de production, de transport et indirectement bien marchand. Elle tisse un vaste réseau de connections : elle est intimement liée aux ressources naturelles (sol, forêts, biodiversité…).

Différents groupes d’intérêts l’utilisent pour subvenir à leurs besoins ; l’eau est à la fois internationale, nationale, régionale et locale, occupe des échelles de temps et d’espace variées. Ce réseau complexe ne facilite pas la mise en place de mesures appropriées de gestion. En plus l’eau comme ressource naturelle peut être :

  • menacée par une croissance démographique et une urbanisation combinées, qui entrainent une demande en eau plus forte, ainsi les écosystèmes, milieux producteurs et régénérateurs de cette ressource sont menacés, pollués et détruits ;
  • source de concurrence et de conflits, en effet lorsque les ressources en eau sont restreintes et que différents groupes d’intérêts manifestent en même temps des besoins par rapport à ces ressources, des réactions concurrentielles et conflictuelles apparaissent ;
  • menaçante, quand les pluies violentes et irrégulières provoquent des crues, inondations, glissements de terrains, sécheresses prolongées, changement de climat, dans un contexte où les gouvernements manquent de capacités et de moyens financiers pour mettre en place des méthodes efficaces de préparation aux effets des catastrophes et d’atténuation de ces effets.

1.2 L’eau dans le développement économique et social

L'eau est, d'une part, essentielle à la vie humaine, animale et végétale. Elle soutient les activités productives, l'agriculture, l'hydro-électricité, l'industrie, la pêche, le tourisme, le transport par exemple. L'eau peut, d'autre part, provoquer des ravages extrêmes, elle peut être porteuse de maladies et inonder de vastes zones. Un manque d'eau ou une sécheresse prolongée peut faire de nombreuses victimes et entraîner une récession. L'eau peut également causer ou aggraver des conflits entre les communautés riveraines d'un bassin local, national ou transfrontalier.

Des facteurs tels que la croissance et les changements démographiques, le développement économique et le changement climatique ont à l'évidence un impact très important sur les ressources en eau. De même, les ressources en eau ont un impact significatif sur la production et la croissance économique, sur la santé et les moyens d'existence et sur la sécurité nationale.

La croissance économique, les initiatives de réduction de la pauvreté et les changements démographiques et sociaux accroissent les demandes en infrastructures hydrauliques pour satisfaire les besoins en alimentation ou en énergie, la production de biens et de services. De tels développements ont un impact important sur les ressources en eau.
La construction de systèmes d'irrigation, de barrages hydroélectriques, de voies navigables et de systèmes d'adduction en eau pour les habitants, le tourisme et les industries ont considérablement amélioré la vie de millions de personnes, cependant ces développements ont également profondément modifié les régimes hydrologiques, les écosystèmes aquatiques et l'hydromorphologie de la plupart des fleuves, lacs et aquifères du monde.

1.3 L’eau dans la préservation de l’environnement

La façon dont la société utilise et pollue l'eau, ou altère l'hydromorphologie des cours d'eau a modifié la quantité et la qualité de l'eau dans les écosystèmes qui, outre leur valeur intrinsèque, apportent des 'services naturels' essentiels et précieux au bien-être de l'homme. De nombreux pays en voie de développement sont confrontés à une dégradation des ressources en eau douce, en termes de quantité et de qualité, et des écosystèmes aquatiques. Cette situation a pour conséquence une réduction des bienfaits et services apportés par les ressources en eau, ainsi qu'une augmentation des risques et dangers liés à l'eau.

L'expansion des villes sur les rives des fleuves et des lacs augmente la pollution de l'eau causée par les rejets des ménages et des industries. Les progrès agricoles s'accompagnent d'une plus grande utilisation d'engrais et de pesticides par les exploitants agricoles, ce qui accroît la pollution. La pollution biologique et chimique, l'altération du débit des fleuves et des lacs ainsi que la diminution du niveau des nappes phréatiques peuvent avoir de graves conséquences. Les fleuves deviennent trop riches en nutriments, ce qui entraîne une prolifération d'algues et l'eutrophisation. Cette destruction ou dégradation des écosystèmes met en danger de nombreuses communautés qui dépendent des ressources naturelles et provoque une perte de biodiversité.

1.4 Les enjeux actuels autour des ressources en eau

Tous ces problèmes sont aggravés par l’organisation sectorielle des institutions qui est en contradiction avec la nature multifonctionnelle et multidimensionnelle de l’eau. Il est alors urgent d’adapter des concepts et méthodes nouveaux de gestion. L’objectif est d’atteindre un équilibre entre l’utilisation de l’eau en tant que fondement pour la subsistance d’une population mondiale en plein essor, et sa protection et sa conservation en vue de garantir la pérennité de ses fonctions et caractéristiques. Dans cette optique un certain nombre d’enjeux méritent d’être mis en exergue :

  • Garantir de l’eau aux populations ;
  • Garantir de l’eau pour la production alimentaire ;
  • Couvrir les besoins en eau pour d’autres activités créatrices d’emploi ;
  • Protéger les écosystèmes vitaux ;
  • Gérer la variabilité spatio-temporelle de l’eau ;
  • Gérer les risques.

2. Le cycle de l’eau - les ressources en eau dans le monde

2.1 Cycle de l’eau et répartition de l’eau sur la planète

Le cycle de l'eau ou cycle hydrologique (Figure I-1), est l'ensemble des cheminements que peut suivre une particule d'eau. Ces mouvements, accompagnés de changements d'état, peuvent s'effectuer dans l'atmosphère, à la surface du sol et dans le sous-sol. L'eau se retrouve, sous ses trois formes (liquide, gazeuse et solide) dans l'atmosphère terrestre. L'importance de ces modifications fait de l'eau le principal agent de transport d'éléments physiques, chimiques et biologiques.

Le cycle hydrologique se déroule à travers le système terrestre qui comprend :

  • l’atmosphère : enveloppe gazeuse au dessus de la terre,
  • l’hydrosphère : ensemble des plans d’eau à la surface de la terre,
  • la lithosphère : couverture rocheuse couvrant la terre,
  • la cryosphère : ensemble des calottes glacières à la surface de la terre.

Les principales composantes naturelles de ce cycle sont les précipitations, l'infiltration dans le sol, le ruissellement en surface, l’afflux d’eaux souterraines vers les eaux de surface et les océans, et l'évapotranspiration des eaux de surface, du sol et des plantes.

On distingue « l’eau bleue » (l'eau des rivières, des lacs et des nappes aquifères), de « l'eau verte », qui nourrit les plantes et les cultures et qui est ensuite libérée dans l'atmosphère. Cette distinction peut aider les personnes chargées de leur gestion à se concentrer sur les zones que traverse et alimente l'eau verte, telles que les exploitations agricoles, les forêts et les zones humides. Il faut cependant noter que ces définitions ne font pas encore l’unanimité au niveau international, et devraient ainsi être utilisées avec prudence.

Savoir comment l’eau circule dans l’environnement peut nous aider à évaluer la quantité d’eau disponible dans différentes régions du monde. L'eau de la planète est présente naturellement sous diverses formes dans l'atmosphère, sur et sous la surface de la Terre et dans les océans.

L'eau douce ne constitue que 2,5% de l'eau de la planète et la plupart se trouve sous forme gelée dans les glaciers et les calottes glaciaires. En effet environ les trois quarts des ressources mondiales en eau douce se trouvent sous forme gelée dans les calottes glaciaires et les glaciers dans l'Arctique, l'Antarctique ou le Groenland. Environ 96% de l’eau douce à l’état liquide est stockée dans les nappes phréatiques, et la petite partie restante se trouve en surface et dans l’atmosphère.

Les bassins fluviaux constituent une « unité naturelle » très utile pour la gestion des ressources en eau, même s’ils s’étendent bien souvent sur plus d'un pays. Les zones de drainage des bassins fluviaux internationaux couvrent environ 45% de la surface de la Terre (à l'exception des régions polaires).

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Parmi les plus grands bassins on peut citer celui de l'Amazone, qui apporte 15% de la totalité de l'eau se jetant dans les océans, et celui du Congo, qui transporte un tiers de toute l’eau des rivières d’Afrique. Les zones humides, notamment les marécages, tourbières, marais et lagunes, recouvrent 6% de la surface émergée de la Terre et jouent un rôle essentiel dans la conservation des ressources en eau.

2.2 Situation actuelle de l’eau dans le monde

L'accès à l'approvisionnement en eau salubre et à un assainissement adéquat suit à peine le rythme de la croissance démographique au cours de la dernière décennie : 1,1 milliard de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau salubre, un tiers de la population mondiale est privée d'eau potable, et près de 2,5 milliards n'ont pas d'installations adéquates d'assainissement.

La disponibilité en eau dans le monde (Tableau I-1) cache mal les difficultés liées à une répartition inégale et à des problèmes de la demande, de l’augmentation de la pollution, de l’utilisation de l’eau.

La demande en eau

On estime qu'au cours des deux prochaines décennies, la consommation d'eau par individu augmentera de 40% et qu'il faudra 17% de plus d'eau pour la production vivrière des populations des pays en développement. Un tiers des pays situés dans les régions arides devraient connaître de graves pénuries d'eau au cours du siècle actuel. L'Inde, l'Asie centrale, une partie de l'Europe de l'Est et des Etats-Unis et le Mexique sont déjà en proie à de sérieuses difficultés. Entre 1950 et 1990, le taux de croissance des prélèvements en eau a été plus du double de celui de la population. Il a été multiplié par six depuis le début du siècle. Corrélativement, la quantité d'eau douce renouvelable et disponible est passée, par habitant, de 17000 m3 en 1950 à 7500 m3 en 1995 et devrait tomber à 5100 m3 en 2025.

La pollution des eaux

La Commission du Développement Durable des Nations Unies rapporte que l'on estime que plus de la moitié des cours d'eau dans le monde sont gravement pollués et appauvris. La proportion de l'eau disponible mais polluée ne cesse de croître, surtout du fait de l'évolution des modes de production dans l'industrie et l'agriculture, ainsi que de l'urbanisation croissante. Dans les pays développés, certaines nappes souterraines sont polluées par des substances chimiques. La situation est encore plus dramatique dans les pays en développement.

Utilisation inefficiente des eaux

La consommation en eau s'élève entre 2500 et 3000 km3 par an à l'échelle de la planète, ce qui est bien moins que la quantité prélevée, aujourd'hui estimée entre 4000 et 5000 km3. Aux pertes naturelles dues à l'évaporation mais qui peuvent être accentuées par certaines infrastructures (les retenues artificielles) ainsi que par certaines méthodes d'irrigation, il faut ajouter les gaspillages et les fuites : avec les raccordements sauvages, ces derniers peuvent affecter, à l'exemple de l'Amérique Latine, 40 % du réseau.

L'agriculture consomme aujourd'hui 5 fois plus qu'au début du siècle, contre 18 pour les agglomérations et 26 pour l'industrie. En ce qui concerne spécifiquement l'irrigation, nombre de pays en développement dépensent deux fois plus par hectare que les pays développés pour, en définitive, des rendements trois fois moins élevés.

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3. Une approche nouvelle de la gestion de l’eau

La situation inquiétante de l’environnement en général et des ressources en eau en particulier, que l’on peut considérer comme une crise, a amené la communauté internationale à revoir sa stratégie d’approche en matière d’aménagement et de mise en valeur des ressources.

3.1 Les éléments de la crise

L'eau a toujours été considérée comme un don de Dieu inépuisable et éternellement pur.

Est-elle inépuisable? Non, car le volume terrestre de la ressource d'eau douce renouvelable est constant. Comme la population mondiale croît de façon régulière, le volume moyen d'eau douce par habitant ne peut que décroître.

Est-elle éternellement pure? Sûrement pas, malgré parfois une limpidité apparente : très fragile, elle se pollue facilement. Ces pollutions sont d'origines anthropiques (rejets sauvages ou tolérés, domestiques, industriels et agricoles) et naturelles (éruption volcanique, présence d'arsenic, pluviométrie excessive, …). Voici quelques raisons pour lesquelles beaucoup de gens pensent que le monde fait face à une crise imminente de l’eau :

  • Les ressources en eau sont sous la pression croissante de la croissance démographique, de l'activité économique et de la concurrence entre différents utilisateurs ;
  • Les extractions d'eau ont augmenté à un rythme deux fois plus rapide que celui de la croissance de la population et actuellement un tiers de la population du monde vit dans des pays qui éprouvent un stress de l’eau de niveau moyen à élevé ;
  • La pollution augmente davantage la pénurie de l'eau en réduisant l’utilité de l'eau en aval ;
  • Des imperfections dans la gestion de l'eau, des approches sectorielles de gestion de l’eau du sommet à la base aboutissent en une mise en valeur et une gestion non coordonnés de la ressource ;
  • Une plus grande mise en valeur signifie de plus grands impacts sur l'environnement.

 Ces constats ont pour conséquence :

  • une réduction et un assèchement des ressources en eau
  • une dégradation de la qualité des eaux, des écosystèmes et une perte de biodiversité
  • une croissance de la pauvreté et une insécurité alimentaire des conflits d'usages et des tensions internationales pour le partage de l’eau
  • etc...

3.2 Les perspectives ou voies de sortie de crise

Les inquiétudes quant à la situation des ressources en eau sont réelles et des solutions techniques existent. Cependant les problèmes sont d’abord institutionnels et relatifs à :

  • des approches sectorielles de mise en valeur des ressources en eau dans un contexte de centralisation et de bureaucratie avec des moyens insuffisants des administrations et des pouvoirs locaux ;
  • une absence de cadres législatifs, réglementaires et normatifs à laquelle il faut ajouter la non-implication de tous les acteurs de l’eau ;
  • une méconnaissance des ressources, des usages et des pollutions, avec un déficit de formation de base et de renforcement de capacité des professionnels du secteur, mais aussi une absence de politique d'éducation des différents types de public.

Toutes ces préoccupations ajoutées à celles relatives à la variabilité du climat et au changement climatique exigent une gestion améliorée des ressources en eau. Pour cela il faut une approche intégrée de gestion des ressources en eau, dont l’objectif sera de :

  • protéger la ressource et améliorer sa connaissance
  • planifier l’utilisation de la ressource et pratiquer une politique d’économie de l’eau ;
  • impliquer les hommes et femmes équitablement, ensuite prévenir et gérer les conflits liés aux usages de l’eau ;
  • satisfaire de façon globale les demandes légitimes et raisonnées (agriculture, électricité, usages domestiques, transports, industrie, loisirs, aquaculture, pêche…)
  • préserver les écosystèmes et prévenir les risques (érosion, sécheresse, inondations).

L’élément moteur qui peut mener vers une mise en oeuvre effective de cette approche est la manifestation d’une forte volonté politique au niveau des institutions nationales et locales. Il est essentiel de proposer une politique d'éducation des différents types de public de la population pour responsabiliser les individus, favoriser les modifications des modes de vie, permettre le dialogue, faciliter la participation, promouvoir la concertation, imposer de nouvelles règles de vie, une éthique de l'eau (protection, solidarité, partage, respect). Il est tout aussi important de définir une politique nationale assortie des outils nécessaires (tarification, lois, décrets d'application, mesures incitatives, contraintes, évaluation des coûts, financements, concertations interministérielles, éducation de la population) en s'appuyant sur une concertation sociale.

4. Etat des ressources en eau en Afrique

4.1 Aperçu du cadre hydro-climatique

Les pays d'Afrique peuvent être regroupés en régions présentant une cohérence climatique et géographique : Afrique du Nord, région Soudano-Sahélienne, Golfe de Guinée, Afrique Centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Sud. Cependant on peut noter une disparité et une variation latitudinale de la pluviométrie qui est illustrée par la Figure I-2 des moyennes annuelles de la pluviométrie. Celle-ci varie de moins de 200 mm/an dans les zones arides à plus de 3000 mm/an dans les parties humides du continent. La variabilité climatique observée dans la majorité des pays africains entraine une modification importante des débits. Dans les cours d’eau partagés qui sont près de 60 en Afrique, il est impérieux d'apporter des solutions adaptées à l'ensemble du bassin et de résoudre les conflits amont / aval (dans le cas d'un fleuve). Une approche par bassin permet d'appréhender le système hydrographique dans son ensemble ( Figure I-4). En d'autres termes, les politiques nationales ainsi que les accords internationaux et les conventions régionales sur les eaux transfrontalières peuvent être appliqués dans les bassins.

Figure I-2 : Moyenne annuelle des précipitations

Figure I-3 : Les bassins versants partagés en Afrique

Pour des raisons de commodités, le cadre hydro-climatique sera décrit par région présentant une certaine cohérence climatique et géographique :

Zone Afrique du Nord : C’est une région au climat méditerranéen à aride avec une saison pluvieuse qui s’installe en automne – printemps, et une saison sèche en été. Dans le Maghreb il y a une zonalité climatique Nord-Sud très marquée avec un réseau hydrographique morcelé et clairsemé. Les ressources en eau sont faibles et entièrement internes. En Egypte le climat est aride partout, et l’hydrographie est réduite à un seul fleuve le Nil dont les ressources sont quasi totalement externes.

Cette zone est la région la plus pauvre en eau de l’Afrique, avec moins de 2% des ressources totales externes (Tableau I-2). Par contre d’importantes réserves d’eau souterraine non renouvelables sont observées : Sahara Septentrional, Grès Nubiens…

Zone Soudano-sahélienne : La zonalité climatique Nord – Sud est très prononcée avec un climat aride tropical. La saison pluvieuse est observée en été et sa durée est croissante du Nord vers le Sud. Le réseau hydrographique est peu dense et structuré en grands bassins fluviaux qui sont tous transfrontaliers (Nil, Niger, Sénégal…).

L’endoréisme important du bassin du Tchad, des deltas intérieurs du Niger et du Nil déterminent de fortes déperditions d’écoulement. Les apports sont externes et produits par les fleuves : Sénégal, Niger, Chari, Nil. Cette zone est la 2ème sous-région la plus pauvre en eau d’Afrique, avec un peu plus de 4% des ressources totales internes. Mais plusieurs bassins sédimentaires sont présents avec des ressources en eau souterraine non renouvelables importantes (peu évaluées) : bassin du Tchad, bassin des Iullemeden, bassin Sénégalo-Mauritanien.

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Zone du Golfe de Guinée : Il prévaut dans cette zone un climat tropical humide avec une saison pluvieuse en été. Le réseau hydrographique y est dense et assez morcelé, le bassin fluvial principal est celui du Niger, partagé avec la zone Soudano-Sahélienne et secondairement avec la zone "Afrique Centrale".

Les ressources en eau internes sont abondantes, en effet elles représentent 24 % des ressources totales de l’Afrique, auxquelles il faut ajouter les apports externes venant des bassins du Niger et de la Volta. La part de l’infiltration dans l’écoulement total est importante (30 à 50 %).

Zone de l’Afrique Centrale : Elle a un climat équatorial humide à tropical humide au Sud, et des saisons pluvieuses prolongées. Le réseau hydrographique est dense et concentré, les plus représentatifs sont le Congo et l’Ogooué. Les ressources en eau internes sont très abondantes et font près de 50 % des ressources totales de l’Afrique. La part souterraine dans l’écoulement total est plutôt importante dans cette zone qui exporte de l’eau vers des zones voisines.

Zone de l’Afrique Australe : Le climat est très diversifié, de subtropical humide à aride avec une saison pluvieuse en hiver. Plusieurs grands bassins fluviaux sont notés, ils sont tous transfrontaliers : Zambèze, Limpopo, Orange. Il existe, cependant une zone d’endoréisme, l’Okavango situé en Botswana. Les ressources en eau sont modestes (7% des ressources totales de l’Afrique), en plus il y a des apports externes non négligeables venant de la zone Centre-Afrique (apports au bassin du Zambèze).

Zone de l’Afrique de l’Est : Il présente un climat varié, de type tropical humide à semi-aride, avec deux saisons pluvieuses : automne et printemps. Le réseau hydrographique est peu dense et morcelé. C’est le domaine de la région des Grands Lacs qui inclut le plus grand lac d’Afrique (Victoria) et partage les autres avec les zones Afrique du Sud et Afrique Centrale. Les ressources en eau sont peu importantes (6-7% des ressources totales de l’Afrique) et sont essentiellement internes. La zone fournit l’essentiel du débit du Nil au profit du Soudan et de l’Egypte.

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4.2 Quelques bassins fluviaux d’Afrique

L'Afrique possède plusieurs fleuves internationaux et connaît une variation extrême en matière de pluviométrie, ce qui présente de réels défis pour la gestion des ressources en eau aussi bien que des occasions réelles de gains mutuels à travers la gestion concertée des ressources en eau partagées.

La gestion concertée et la mise en valeur des fleuves internationaux d'Afrique offrent des perspectives très encourageantes pour une durabilité et une productivité plus accrues des ressources en eau du continent, qui deviennent de plus en plus rares, ainsi que pour son environnement précaire. En outre, les bénéfices potentiels de la gestion concertée des ressources en eau peuvent servir de catalyseur pour l„élargissement de la coopération régionale, l'intégration et le développement économiques, voire pour la prévention des conflits.

Les fleuves ainsi que les zones humides d'Afrique jouent des rôles économiques, sociaux et environnementaux fondamentaux. Ils fournissent de l'eau pour des usages d„ordre domestique, agricole, de breuvage du bétail et industriel et sont en grande partie exploités pour le transport. L„utilisation des ressources en eau pour l„agriculture de décrue, le bétail et l„arrosage de la faune et la flore pendant de longues saisons sèches ainsi que pour la pêche a longtemps constitué un moyen d„existence durable, avec le poisson d'eau douce qui demeure une source importante de protéine pour les populations africaines. Les fleuves d'Afrique alimentent également des systèmes environnementaux et favorisent la diversité biologique. Avec leurs zones humides ils constituent des habitats importants pour la faune et la flore ainsi que les oiseaux migrateurs.

Bassin du Niger

Avec une longueur de 4200 km, le fleuve Niger avec ses affluents draine une superficie théorique d‟environ 2 100 000 km². Environ 1 500 000 Km² de partie active est répartie sur les pays membres de l‟Autorité du Bassin du Niger : la Guinée (6%), la Côte d‟Ivoire (1%), le Mali (26%), le Niger (23%), le Burkina Faso (4%), le Bénin (2%), le Cameroun (4%), le Tchad (1.0%) et le Nigeria (33%).

A l‟instar des autres bassins de la sous-région ouest africaine, le bassin du Niger se caractérise d‟une manière générale, par un déficit pluviométrique variant entre 20 à 30 % depuis plus d‟une trentaine d‟années. Ce déficit conjugué avec les effets anthropiques a eu comme impacts : la réduction des écoulements de surface de l‟ordre de 20 à 55% au détriment surtout des écosystèmes, l‟apparition et/ou aggravation de certains phénomènes environnementaux prenant l‟allure d‟une menace pour l‟existence humaine comme :

  • Les pollutions d‟origines diverses ;
  • Les érosions (hydrique et éolienne).

 Le contexte socio-économique du bassin est caractérisé par :

  • Une population d‟environ 110 millions d‟habitants (en 2000) avec un taux annuel moyen de croissance de 3% ;
  • Le potentiel hydroélectrique du bassin est estimé à 30 000 GWH/an. Les sites hydroélectriques actuellement équipés produisent 21% du potentiel du bassin dont 91% sont produits par le Nigeria ;
  • La navigation : le cours du fleuve Niger n'est navigable toute l‟année que sur certains tronçons ;
  • L'élevage, la pêche, le tourisme, les mines et les industries sont d‟autres secteurs potentiels susceptibles d‟un plus grand développement.

Dans le bassin du Niger, les usages multiformes de la ressource en eau disponible, les objectifs et priorités des différents usagers (publics ou privés) sont différents et variables dans le temps et dans l‟espace dans un contexte de changement climatique aux effets nettement visibles sur notre environnement. C'est face à cette situation et par souci d‟un partage équitable des bénéfices liés à l‟eau sur l‟ensemble du bassin et le renforcement de la coopération entre les États que les Chefs d‟Etat et de Gouvernement de l‟ABN, au cours de leur 7ème Sommet tenu en février 2002 à Abuja (Nigeria), ont décidé que soit élaborée, une VISION CLAIRE et PARTAGEE.

Dans le cas du Mali l'Agence du Bassin du Fleuve Niger (ABFN) est l‟administration publique entièrement dédiée à la sauvegarde du fleuve Niger. Elle a été créée en 2002, mais ses activités n‟ont réellement démarré qu‟en 2004. La mission principale de l‟ABFN est de veiller à la sauvegarde du fleuve Niger en tant qu‟entité vitale du pays, de protéger ses berges et bassins versants contre l‟érosion et l‟ensablement et de préserver les écosystèmes terrestres et aquatiques. L‟agence intervient dans les quatre grands sous-ensembles du fleuve Niger : le Niger supérieur, le delta intérieur, la boucle du Niger et l‟affluent Bani, à travers ses antennes régionales. Elle joue aussi un rôle sur le plan international. Le Niger traverse 9 pays d‟Afrique de l‟ouest, et c‟est l‟ABFN qui représente le Mali au sein de l‟Autorité du Bassin du Niger (ABN), responsable de la coordination transfrontalière de la gestion du fleuve.

Bassin du Sénégal

Le bassin du fleuve Sénégal couvre une superficie de 300.000 km2 répartis entre la Guinée 11%, le Mali 53 %, la Mauritanie 26 % et le Sénégal 10 %.

Le bassin du fleuve est alimenté par un système hydraulique composé du fleuve Sénégal et de ses principaux affluents (le Bafing, le Bakoye et la Falémé qui prennent leur source dans le massif du Fouta-Djallon en Guinée et qui produisent plus de 80% du débit du fleuve). Le Bafing à lui seul contribue environ à la mobilisation de la moitié du débit à Bakel. Les principaux affluents en aval de Bakel sont : le Gorgol et l‟Oued Gharfa qui n‟apportent qu‟environ 3% des apports.

La population rurale à l‟intérieur du bassin est estimée en 2001 à près de 3,9 millions. On note également que 85 % de cette population vivent à proximité du fleuve et que le taux de croissance démographique est assez élevé parce qu‟estimé à environ 3,1%.

La zone du bassin supérieur est essentiellement une région agricole. Mais il s‟agit encore d‟une agriculture de subsistance et ou itinérante. Quant à la zone de vallée et du delta, elle est caractérisée par la coexistence de systèmes de productions traditionnels (cultures de décrue, élevage, pêche) et agriculture moderne (irriguée). Les cultures irriguées sont pratiquées sur les deux rives au Sénégal et en Mauritanie.

Les cultures de décrue (walo) sont également pratiquées sur les deux rives. Elles se font sur les terres inondables dès que le retrait des eaux le permet. Les superficies emblavées pour cette activité représentent environ 44.000 ha en rive gauche (Sénégal) et 35.130 ha en rive droite (Mauritanie). Elles constituent encore un moyen substantiel de survie des populations les plus démunies de la vallée du fleuve qui n‟ont pas accès à la pratique de l‟agriculture irriguée.

Malgré la sécheresse, le bassin reste toujours une zone d’élevage par excellence. Le mode d‟élevage est du type extensif basé sur la transhumance intérieure et extérieure. Il semblerait que les effectifs des troupeaux (bovins et ovins) avoisineraient environ 8 millions de têtes. L‟amélioration des conditions favorables au développement de l‟élevage a contribué à accroître la concentration du cheptel dans le bassin avec des menaces réelles de surpâturage si des initiatives ne sont pas prises pour renverser la tendance actuelle.

Les activités de la pêche ont connu ces dernières années quelques perturbations liées aux changements dans le fonctionnement de l‟écosystème fluvio-maritime avec l‟édification des barrages de Manantali et de Diama. En effet on note d‟une part au niveau de la ressource halieutique, la disparition d‟espèces fluviomaritimes et l‟apparition de nouvelles espèces d‟eau douce, d‟autre part au niveau de la vallée, notamment dans le delta, les changements de comportements des populations avec des reconversions de pêcheurs en agriculteurs dans l‟irrigué et enfin autour de la retenue de Manantali (11,5 milliards m3), la création d‟une nouvelle zone de pêche avec l‟arrivée de pêcheurs (essentiellement maliens) venant du delta du fleuve Niger qui était jusqu‟à présent la zone de pêche par excellence au Mali.

Au niveau du cours supérieur du fleuve Sénégal entre la région de Kayes au Mali et la région de Mamou en Guinée, plusieurs sites recelant d‟importants potentiels hydroélectriques ont été identifiés. L‟OMVS a déjà construit Manantali au Mali sur un de ces sites. Dans les 2 prochaines années les barrages (au fil de l‟eau) Félou et Gouina seront construits toujours en terre malienne. Des études de faisabilités sont en cours pour la construction du barrage de Gourbassi sur la Falémé en territoire malien tandis que Bourreya et Balassa seront construit très prochainement en Guinée pour marquer le retour définitif de ce pays dans la famille OMVS au début de l‟année 2006.

L‟OMVS qui a été créée en 1972, suite à un cycle de sécheresse avait pour objectif essentiel à travers son programme d‟aménagement du fleuve Sénégal en régularisant l‟essentiel des apports hydrologiques :

  • d‟améliorer de manière significative les revenus et la sécurité alimentaire des populations riveraines et avoisinantes face à la dégradation continue des conditions climatiques ;
  • de préserver l‟équilibre des écosystèmes dans la sous région et plus particulièrement dans le bassin ;
  • de rendre les économies des trois Etats moins vulnérables aux conditions climatiques et aux facteurs extérieurs ;
  • de promouvoir le développement économique des pays membres qui devrait être sous tendu par une volonté politique de coopération pour un développement régional intégré.

La réalisation de cette ambition passait par la mise en oeuvre d‟un programme d‟infrastructures régionales et le développement intégré des trois secteurs d‟utilisation que sont l‟agriculture irriguée, l‟hydroélectricité et la navigation.

Bassin de la Volta

Le fleuve Volta est long de 1850 km et draine un bassin versant de 400.000 km2; près de 20 millions de personnes y vivent. Six pays se partagent ce bassin : Bénin (3,4%), Burkina Faso (43%), Côte d‟Ivoire (2,5%), Ghana (42%), Mali (3%), Togo (6,4%).

La Volta présente plusieurs traits originaux. Alors que le Niger supérieur, le Logone et le Chari, par exemple, coulent du sud au nord des régions tropicales humides vers les confins du Sahara, la Volta offre un aspect opposé : plusieurs maigres formateurs naissent dans le Sahel au dessous de 1000 mm de précipitations annuelles et se dirigent après mains détours vers le sud, plus humide, où ils s‟enflent et se gonflent notablement.

La longueur du fleuve est de plus de 1850 km avec un bassin de 400.000 km² qui se jette dans l‟Océan Atlantique. Il concerne presque toute la partie méridionale du Burkina Faso et presque toute la partie septentrionale du Togo, ainsi que la majeure partie du Ghana. Quelques portions plus modestes intéressent les franges du Bénin, de la Côte d‟Ivoire et du Mali. Le débit de la Volta ne devient important qu‟au centre du Ghana dans son bief inférieur après avoir reçu d'importants apports de son affluent principal, l‟Oti. C‟est là où le barrage d‟Akosombo créé en 1964 avec plus de 60 milliards de m3 de réserve utilisable et une capacité de stockage de 148 milliards de m3, accumule plus d‟une fois et demie le module. Le Lac Volta est devenu un pôle de développement du Ghana.

Les 400.000 km² du bassin de la Volta sont drainés par un réseau hydrographique qui se développe autour de trois branches principales qui sont : le Mouhoun (Volta Noire), puis le Nakambé (Volta Blanche) et son affluent le Nazinon (Volta Rouge). Le principal affluent de la Volta est l'Oti, qui coule du Togo et du Bénin.

4.3 Quelques grands aquifères transfrontaliers d’Afrique

Environnements hydrogéologiques

L‟eau souterraine est stockée dans les espaces et fractures des roches. La porosité mesure la proportion de vides dans la formation, la propriété du réservoir de stocker ou de libérer de l'eau souterraine. Lorsque les pores communiquent entre eux ils permettent le déplacement des particules d'eau. Cependant tous les vides ne sont pas occupés par l‟écoulement, c‟est pourquoi on parle de porosité efficace qui mesure le pourcentage de vides où circule l‟eau gravitaire. L'eau gravitaire est la fraction de l'eau souterraine libérée par l'action de la force de gravité ; c'est l'eau mobilisable.

Lorsque les pores et fractures sont interconnectés, on peut dire que la formation est perméable. La caractéristique essentielle d'une formation hydrogéologique est son degré de perméabilité. La perméabilité, est l‟aptitude d'un réservoir à conduire l'écoulement d'eau, dans des conditions hydrodynamiques imposées. Un aquifère a deux fonctions essentielles : le stockage et la capacité de conduite. Les caractéristiques de la roche déterminent la capacité de stockage de l‟aquifère et son aptitude à conduire l‟écoulement. Certaines formations géologiques ont des caractéristiques hydrogéologiques meilleures (conductivité hydraulique, coefficient d‟emmagasinement et transmissivité) : gravier, sables….

La disponibilité des ressources en eau souterraine dépend de la nature géologique de la formation aquifère. Les formations discontinues sont liées aux systèmes de fractures présentes dans les roches. La continuité hydraulique de la nappe n‟est pas assurée, ce qui fait que la présence d‟eau est plus aléatoire. Les roches cristallines du Précambrien (550 MA) comprennent d‟anciennes roches ignées et métamorphiques. La frange supérieure ayant subi l‟altération (pays tropicaux) peut renfermer des nappes significatives tandis que la base fracturée (non altérée) contient en général des quantités d‟eau moins importantes.

Hydrogéologie simplifiée de l’Afrique

La majeure partie est dominée par des roches magmatiques et métamorphiques du Précambrien. Elles sont souvent surmontées de dépôts sédimentaires datant du Primaire au Quaternaire. En Afrique sub-saharienne on distingue quatre domaines hydrogéologiques :

  • Le socle cristallin occupe 40% superficie des terres ; 220 millions de personnes (population rurale) vivent dans des zones où les couches sous-jacentes sont du socle cristallin.
  • Les roches volcaniques occupent 6% des terres où vit une population rurale de 45 million, dont la plupart habite dans des zones frappées par la sècheresse, dans la Corne de l‟Afrique ;
  • Les roches sédimentaires consolidées occupent 32% des terres avec une population rurale de 110 millions. D‟importantes ressources en eau sont trouvées dans des grès et calcaires ;
  • Les sédiments non consolidés occupent 22% des terres avec une population rurale de 60 millions. La nappe est contenue dans des formations sableuses et graveleuses.

De grands bassins sédimentaires sont également présents contenant de très importantes nappes d‟eau. Certains constituent des aquifères transfrontaliers avec d‟importantes ressources "invisibles" dont la gestion concertée est tout aussi essentielle que dans le cas de cours d‟eau transfrontaliers, dont les ressources attirent plus l‟attention du public. Dans la partie nord du continent africain, on note quelques grands bassins recelant des ressources en eau souterraine immenses.

Aquifère des Grès Nubiens : La série sédimentaire s‟échelonne du Cambrien au Crétacé supérieur. Son épaisseur dépasse 3000 m dans le bassin de Kufra et au Nord-Ouest. Elle est constituée de formations continentales au sud : sables, grès, argiles, passant progressivement à des formations marines vers le nord : calcaires, grès et dolomies avec intercalation d‟argiles

Système aquifère des Lullemeden : Il est essentiellement situé en territoire Nigérien et au Mali, il se prolonge au Nigéria à travers le bassin de Sokoto. Les principales formations aquifères de ce bassin sont : Continental intercalaire / Continental Hamadien, Crétacé Supérieur Marin et du Paléocène, Continental Terminal

Système aquifère du Lac Tchad : Le bassin du lac Tchad comprend un système aquifère multicouche constitué des principaux niveaux aquifères suivants :

  • le Plio-Quaternaire couvrant près de 350 000 km2 et englobant plusieurs nappes logées au sein d‟alternances sédimentaires fluvio-lacustres et alluvionnaires ;
  • le Crétacé supérieur d‟une superficie de l‟ordre de 300 000 km2, renfermant une nappe captive sous un recouvrement marnoschisteux au sein des sables et grès du Sénonien et du Maestrichtien ;
  • le Continental Terminal s‟étendant en affleurement sur près de 300 000 km2 et contenant une nappe généralisée logée dans des sables argileux et qui est captée par des puits et sondages.

Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien : C‟est un système aquifère partagé entre la Mauritanie, Sénégal, Gambie et Guinée-Bissau. Il comprend :

  • la nappe des « sables maestrichtiens » qui n‟est sollicitée qu‟au Sénégal avec des prélèvements concentrés non loin de la région de Dakar. Ces prélèvements sont relativement importants. De nombreux autres forages répartis à travers le Sénégal, captent également cet aquifère.
  • Le Continental terminal est essentiellement sollicité en Mauritanie avec des prélèvements importants à Idini pour l‟alimentation en eau potable de Nouakchott.
  • L‟Oligo-Miocène est l‟aquifère du sud Sénégal (quelques forages et puits) et surtout de la Guinée-Bissau.
  • Les ressources des sables quaternaires sont essentiellement exploitées dans le littoral nord au Sénégal.

Système aquifère c ôtier du Golfe de Guinée : Il comprend le Bassin de Tano qui s‟étend depuis la ville de Fresco à l‟ouest (Côte d‟Ivoire) jusqu‟à Axim (Ghana), et le Bassin de Kéta qui part de la ville de Kéta (Ghana), en passant par le Togo, le Bénin, jusqu‟à la ville de Lagos à l‟est (Nigeria). C‟est un système très vulnérable compte tenu des pressions exercées pour alimenter les villes côtières comme Lomé ou Cotonou et des risques de pollution engendrés par ces agglomérations urbaines.