L’Afrique a traversé des périodes climatiques très différentes par le passé. Avant la fin de l’ère glaciaire (-18 000), le continent était quasiment désertique. Une période humide s’est ensuite installée entre -12 000 et -5 000. Elle a fait disparaître la quasi-totalité des zones arides et permis le développement de l’agriculture et de l’élevage dans la partie actuelle de l’Ouest du Sahara.
L’existence d’un gigantesque lac Tchad à l’holocène moyen (il y a plus de 6 000 ans) atteste de ces fluctuations historiques. S’étalant dans ce qui est aujourd’hui le plus grand bassin endoréique du monde (c’est-à-dire où les eaux courantes n’atteignent pas la mer et se perdent dans les terres), le lac occupait une surface de 340 000 km² (taille actuelle de la Côte d’Ivoire) avec une profondeur maximale de 160 mètres (moins de 10 actuellement), formant le 4ème réservoir lacustre mondial après la mer Caspienne et les lacs Baïkal et Tanganyika..
Le climat africain contemporain est pratiquement le même que celui qui prévalait il y a 2 000 ans, avec des phases plus arides ou plus humides. L’époque des premiers grands empires sahéliens (Xème au XIVème siècle) correspond à une période arrosée où les conditions de peuplement étaient plus propices qu’à l’heure actuelle. Au début du XIXème siècle en revanche, une période aride touche le continent durant quelques décennies. L’écoulement du Nil diminue fortement et le lac Tchad s’assèche. Le siècle passé n’échappe pas à ces fluctuations. Après une période sèche de courte durée, s’installe une phase humide jusque dans les années 1960. La décennie 1970-1980 marque à nouveau une aridification du climat qui se fera lourdement ressentir par les populations.
Aujourd’hui, la plupart du continent africain se trouve au sein d’un régime tropical à l’exception de la partie méditerranéenne et de l’Afrique du Sud. La pluviométrie s’échelonne sur un vaste gradient de moins d’1 mm/an dans certaines régions du Sahara à plus de 5 000 mm/an à l’équateur. Les températures, en général élevées, varient peu tout au long de l’année. Les écarts sont en revanche plus importants entre la nuit et le jour. Ils peuvent atteindre de 10 à 15°C (encore plus dans les déserts), alors que les variations interannuelles au sud du Sahara l’échelonnent entre 6 et 10°C.
Les modèles climatiques sont relativement satisfaisants pour prévoir le changement de température en Afrique. Dans son dernier rapport, le GIEC confirme qu’au cours du XXIème siècle, le réchauffement climatique en Afrique sera plus important qu’au niveau mondial. La hausse de la température moyenne entre 1980/99 et 2080/99 s’échelonnera entre 3 et 4°C sur l’ensemble du continent, 1,5 fois plus qu’au niveau mondial. Cette hausse sera moins forte au sein des espaces côtiers et équatoriaux (+3°C) et la plus élevée dans la partie ouest du Sahara (+4°C).
En revanche, des incertitudes demeurent sur les résultats des projections concernant les précipitations. L’Afrique du Nord, l’Afrique australe ou l’Afrique de l’Est figurent parmi les régions où l’incertitude est la moins forte. La côte méditerranéenne de l’Afrique, comme le pourtour méditerranéen dans son ensemble, devrait connaître une diminution des précipitations (-15 à -20 %) au cours de ce siècle. Cet assèchement affecterait la rive Nord du Sahara et la côte ouest-africaine jusqu’à la latitude 15° Nord (latitude de Dakar). A l’autre extrémité du continent, l’hiver mais surtout le printemps en Afrique australe devrait être également moins pluvieux. Dans la ceinture tropicale, les résultats des modèles montrent un accroissement de la pluviométrie dans la corne de l’Afrique ; aucune conclusion ne peut être tirée concernant le régime des précipitations en Afrique de l’Ouest.

Le continent africain face au climat















