Développée au début des années 1990 par William Rees et Mathis Wackernagel, l’empreinte écologique mesure la surface biologiquement productive nécessaire pour produire les ressources consommées par une population donnée (individu, ménage, commune, région, pays, humanité dans son ensemble), et absorber les déchets qu’elle produit.
Cette surface est comparée à la surface productive effectivement disponible (biocapacité), ce qui permet d’estimer si les limites naturelles sont dépassées ou non.
La méthodologie s’appuie sur des données issues de la FAO, du GIECC, de l’AIE, de la base européenne CORINE Land cover, etc… Elle fait l’objet d’une standardisation réalisée par le Global Footprint Network (GFN) et une cinquantaine de partenaires de recherche, publiée pour la première fois en juin 2006. Le manque de transparence souvent reproché à l’empreinte écologique tient plus aujourd’hui à sa complexité qu’à une fermeture de ses concepteurs d’origine : tout organisme peut, pour une somme variant de 300 à 8.000 €, rejoindre le réseau de partenaires du GFN, recevoir les calculs nationaux, suivre les formations correspondantes et participer aux groupes de recherche. Les feuilles de calcul pour l’empreinte écologique mondiale, avec les hypothèses et les sources, sont téléchargeables gratuitement sur le site du GFN.
La robustesse scientifique de la méthodologie a été testée par des organismes indépendants en Suisse et en Allemagne, et le sera prochainement en Belgique et en France (projet IFEN). Les applications territoriales de l’empreinte écologique viennent de faire l’objet d’une étude du Ministère de l’Equipement Français (PUCA). La composante énergie de l’empreinte écologique (Empreinte Carbone) donne lieu à des travaux de recherches visant à intégrer les gaz à effet de serre autres que le CO2 (méthane notamment), et à des travaux de normalisation (SABE/Comité Européen de Normalisation, BSI British Standards).
Comme tous les outils, l’empreinte écologique a ses limites : les prélèvements d’eau douce ne sont pas pris en compte (mais l’énergie pour la pomper ou la traiter le sont), ni les dommages causés aux écosystèmes par des produits toxiques ou une surexploitation des terres (ces dégâts peuvent néanmoins se refléter dans des pertes de biocapacité).
La prise en compte du nucléaire fait l’objet de réévaluations par le GFN qui seront présentées en 2008.
L’empreinte écologique est essentiellement un indicateur environnemental, les dimensions sociales et économiques de la durabilité ne sont pas intégrées, sauf dans les aspects liés au partage des ressources naturelles et à la gouvernance, notamment territoriale.
Les avantages de l’empreinte sont connus : validations scientifiques et améliorations continues par un réseau international, comparaison possible avec la biocapacité (mesure de soutenabilité), vaste champ d’application (nations, territoires, individus, produits ou services, sites industriels,…), force de sensibilisation et de communication, capacité à générer la prise de conscience et les échanges.
Enfin, l’empreinte écologique se complète et se combine bien à d’autres indicateurs environnementaux.
Source: WWF

L’empreinte écologique










