Le MDP est le seul mécanisme prévu par le protocole de Kyoto qui implique les pays du Sud, en leur permettant d’accueillir des projets de réduction d’émissions sur leur territoire. L’un des buts du MDP est en effet de contribuer au développement durable de ces pays, dans un esprit de partenariat entre le pays hôte et le développeur du ou des projets.
Pour pouvoir être éligible au MDP, un projet doit notamment être:
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développé en conformité avec les politiques et les stratégies nationales du pays hôte, et dans un cadre plus large, avec sa politique de développement durable;
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additionnel, c’est-à-dire que les réductions d’émissions du projet doivent être additionnelles à celles qui se seraient produites en l’absence du ou des projets.
C’est dire que les projets MDP doivent relever au premier chef d’une approche mondiale de la problématique liée au changement climatique, dans le respect des options de développement retenues par les pays qui vont les accueillir.
Pour le développeur de projet, à l’inverse, les bénéfices d’un projet MDP sont d’abord économiques. D’une part, la vente des unités de réduction certifiée des émissions (URCE), également appelées crédits carbone, représente une source additionnelle de revenus pour le projet. D’autre part, le MDP peut représenter une option de réduction et de diversification des risques, susceptible d’intéresser les sociétés ou groupes ayant des objectifs domestiques de réduction de leurs émissions de GES, notamment, dans un très proche avenir, dans le cadre du système européen d'échange de quotas.
La mise en œuvre de projets MDP peut également s’inscrire dans le cadre plus large de la stratégie conduite par l’entreprise dans le pays hôte et sur la scène internationale, en renforçant à la fois sa compétitivité prix et son image. Les avantages potentiels pour l’entreprise, bien que plus difficilement quantifiables, peuvent être importants.
Le développement d’un projet dans le cadre du MDP génère, en contrepartie, des coûts supplémentaires qui lui sont spécifiques, et auxquels renvoie l’expression coûts de transaction. Ces coûts sont liés à la formalisation et à la validation du projet MDP, ainsi qu’au suivi et à la vérification des réductions d’émissions. Ils peuvent varier significativement en fonction du secteur, mais sont généralement peu sensibles à la taille du projet en termes de volume de réductions d’émissions: les projets générant des réductions d’émissions importantes sont donc généralement favorisés. Toutefois, les coûts de transaction, souvent élevés lors d’un premier projet MDP du fait de l’apprentissage nécessaire, sont généralement fortement réduits lors du développement des projets suivants. De plus, ce nécessaire apprentissage participe des efforts à deployer par l'enytreprise pour maîtriser progressivement, à son échelle, la contrainte carbone.
Dans ce contexte, l’analyse préliminaire rapide de l’éligibilité et de la profitabilité du volet MDP du projet d’investissement constitue deux étapes nécessaires avant de s’engager dans une démarche approfondie.

Qu’est-ce que le mécanisme pour un développement propre?

















