Rendons à César ….
Dans notre communication d’octobre 2009, intitulée « Valorisation des déchets de sachets plastiques: Application dans les villes subsahariennes », Ousmane SORGHO et moi-même, Gilles DOUBLIER, avions indiqué que le procédé présenté a vu le jour au Tchad, dans le cadre d’un projet d’appui aux collectivités urbaines, financé par la Coopération française et que, pour la petite histoire, le mérite de la première étude, commandée en mai 1998, à l’Ecole Nationale des Travaux publics de N’Djamena, revenait à un élève ingénieur de cette école, NDOLMA Jeannot.
Suite aux nombreuses demandes que je reçois et aux quelques imprécisions que je vois circuler sur le net, je souhaiterais apporter des indications supplémentaires pour clarifier l’origine du procédé, tout au moins, tel qu’il a été initié au Tchad.
En voici le détail :
Le projet mentionné ci-dessus avait pour intitulé "Renforcement Institutionnel des Collectivités Urbaines au Tchad" et en tant que Conseiller Technique du Maire de N’Djaména, au titre de la Coopération, j’ai assuré sa direction, comme Chef de Projet, de septembre 1997 à mars 2002.
Une des composantes concernait « la mobilisation des populations … au ramassage et au traitement des déchets ménagers et à l’amélioration de la propreté et de l’hygiène ». L’une des actions immédiatement engagée fut de s’attaquer à l’importante pollution engendrée par le rejet dans la nature des sachets plastiques noirs, appelés localement « lédas ».
La logique retenue, compte tenu de la paupérisation de la population et de sa recherche au jour le jour de moyens de subsistance, a été de considérer les déchets comme une « matière première », à partir de laquelle il était possible de créer des objets utiles, et de ce fait, des emplois et des ressources.
En ce sens, début 98, un concours d’idées a été lancé à l’échelle de la ville pour inciter la population à présenter des œuvres fabriquées en « lédas ».
Une centaine de participants se sont mobilisés avec des nombreux travaux tout aussi remarquables les uns que les autres Parmi ceux-ci, un service à thé, composé de tasses et de soucoupes, a retenu notre attention. Il avait été fabriqué uniquement à partir de « lédas » fondus et moulés. L’ensemble était extrêmement cassant et, du fait de sa fragilité, inutilisable. Nous avons perdu le nom de ce génial inventeur, mais avons retenu son excellente initiative et avons voulu la faire progresser. A cette fin, je me suis adressé à un collègue coopérant, Gérard KRAUSS, Directeur des études de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de N’Djaména du N’Djaména, pour étudier la possibilité d’améliorer le procédé de fabrication.
L’étude a été confiée à un élève ingénieur, Jeannot N’DOLMA, qui en a fait le thème de son projet de fin d’études (session de fin 1998), sous l’intitulé « Proposition d’études sur l’utilisation des sacs plastiques (léda) comme matériaux de construction dans le BTP », projet dont vous trouverez copie en annexe de ce document. Il a été assisté par son Directeur de mémoire, M. KIRIMBAYE et le gérant du Laboratoire du bâtiment et des Travaux Publics, Abdoulaye SALEH.
Bien évidemment, dans le cadre du projet dont j’assumais la direction, je me suis attaché à suivre son travail et à mettre à sa disposition les moyens manquants.
Par la suite, nous avons essayé de capitaliser sur ce travail et ceux sur d’autres types de déchets. A cette fin, a été créé officiellement, en novembre 2001, au sein de la Mairie de N’Djaména, le Centre CERVALD d’Etudes et de Recherches pour la VALorisation des Déchets, avec l’aide du Maire et de son directeur des services techniques municipaux, Mahamat Abakar ADJID.
Les techniciens du Centre ont poursuivi, avec beaucoup de détermination et de patience, la mise au point du procédé, sans trop malheureusement le faire évoluer, et ceci, avec l’appui de la Coopération française, de la Ville de Toulouse, jumelée avec N’Djaména, de l’entreprise EPSO 2000 et de l’ONG CARE. C’est la raison pour laquelle, par respect pour tous ceux qui ont travaillé à cette mise au point, nous avons proposé de le dénommer « procédé CERVALD ».
Le procédé CERVALD s’est, ensuite, exporté au Niger, où il a été repris par l’Association RESEDA, - qui a reconnu avec beaucoup de « fairplay » l’antériorité de l’invention (ce dont je la remercie grandement) -, puis, avec ma collaboration, au Mali, par l’Association AGIR pour l’Environnement et la Qualité de Vie, de Bamako, et, vraisemblablement, sous sa forme originelle ou ses diverses adaptations, dans d’autres pays et régions.
Je reste extrêmement satisfait de cet essaimage, car l’objectif est bien de contribuer à réduire cette insoutenable pollution des déchets de plastiques et, plus d’opérateurs de cette technique la pratiqueront, plus on peut penser que nous verrons moins de sachets plastiques « décorer » les arbres ou boucher les caniveaux. Ma satisfaction s’arrête, toutefois, au fait que ce procédé CERVALD ou assimilé manque sérieusement de productivité pour être suffisamment rentable et, surtout, reste extrêmement polluant, dans la mesure où les fumées engendrées ne sont pas maitrisées.
Les travaux que nous entreprenons, avec le procédé innovant ROCPLAST, sont de nature à corriger toutes ces insuffisances.
Téléchargez l'étude sur le plastique (5.44 MB)
Gilles DOUBLIER
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Le 18 septembre 2011

La petite histoire du procédé CERVALD de valorisation des déchets de plastiques en matériaux pour le BTP










