Qu'appelle-t-on déchets radioactifs ?
Tout objet inutilisable provenant d’une installation nucléaire et dont la radioactivité est significativement supérieure à la radioactivité naturelle pourrait être considéré comme déchet radioactif.90 % du volume des déchets proviennent des centrales nucléaires, 10 % des hôpitaux, de certaines industries, des centres de recherche et des universités.
En fonction de la période radioactive, du niveau d’activité et du type de rayonnement émis (alpha, bêta, gamma), on distingue trois catégories de déchets.
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Classification des déchets radioactifs |
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Les déchets de catégorie A représentent environ 95 % du volume total des déchets et moins de 1 % de la radioactivité, soit 30 000 m3 par an.
Quels sont les problèmes de stockage posés par les déchets radioactifs ?
La durée de vie des déchets radioactifs nécessite des solutions apportant des garanties sur la même durée pour ne pas créer de risque sanitaire pour les générations futures.
Les déchets de catégorie A nécessitent des sites de stockage de surface spécifiques. Celui de la Manche étant plein, un deuxième site a été ouvert dans l’Aube (à Soulaines) en 1991.
Les déchets de catégories B et C posent, comme les toxiques chimiques, plus de problèmes car ils doivent être isolés pendant des milliers d’années jusqu’à ce qu’un éventuel impact sanitaire soit insignifiant. L’enfouissement dans des couches géologiques profondes ayant fait la preuve de leur stabilité sur des durées comparables est actuellement à l’étude.
On n’a pas retenu d’autres idées telles que l’immersion dans les fosses océaniques, l’envoi des déchets dans l’espace ou le stockage de surface dans les déserts.
Les structures des réacteurs à l’arrêt voient leur activité diminuer considérablement en 50 ans. Les déchets qui résulteraient de leur démolition après cette durée ne posent pas les mêmes problèmes que ceux des déchets B et C.
Quels sont les espaces qui peuvent être contaminés par le nucléaire ?
Le vent peut disperser à des milliers de kilomètres les matières radioactives libérées dans l’atmosphère.
L’accident du 26 avril 1986 à Tchernobyl a provoqué le rejet de cinq tonnes de combustible, qui ont formé un nuage radioactif.
Les retombées atmosphériques du nuage radioactif ont contaminé les végétaux cultivés et les pâturages.
Le cas de la bécasse illustre les phénomènes de concentration à la suite de l’accident de Tchernobyl: la bécasse, dont le régime est carnivore, est de deux à cinq fois plus contaminée que les espèces végétariennes (oie, colvert, pigeon ramier) à cause de la concentration des éléments radioactifs d’un maillon de la chaîne alimentaire à l’autre.
De tels processus de concentration varient avec l’espèce et le radionucléide considérés. Des études d’impact sanitaire préalables aux autorisations de rejet doivent intégrer les phénomènes de concentration propres à la flore et à la faune du site considéré et aux radionucléides présents dans les rejets.
Autour de la centrale de Tchernobyl, dans un rayon de trente kilomètres, il est interdit de résider. Les activités agricoles et sylvicoles y sont interdites sur 300 000 hectares, l’équivalent de la moitié d’un département, par suite de pollution radioactive des sols et cela pour longtemps.
Peut-on décontaminer un espace pollué par des éléments radioactifs ?
Les méthodes de décontamination d'un espace consistent à prélever et traiter les éléments contaminés : couches superficielles du sol, par exemple.
Les pouvoirs publics ont élaboré des plans d’action en cas d’accident permettant de prendre à moyen et long termes les contre-mesures pour assurer le retour rapide à la vie normale.
Le Plan Particulier d’intervention, destiné à la population, a pour mission de limiter, par des contre-mesures de prévention, les conséquences sanitaires et écologiques d’un accident.
Le programme RESSAC (REhabilitation des Sols et des Surfaces après un Accident) fournirait les éléments techniques pour :
· décider des priorités d’intervention en fonction de l’occupation des sols, des nappes d’eau souterraines ;
· suivre les devenir des radionucléides déposés sur le sol et la végétation ;
· choisir les moyens d’intervention et prévoir la gestion des déchets.

Déchets radioactifs










