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samedi, 24. avril 2010

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L’Homme au cœur de l’environnement

Comment préserver l’environnement et la biodiversité, tout en vivant sur place ? C’est la question à laquelle répondent les 531 réserves de biosphère de l’Unesco dans le monde entier. EnviroBF vous propose de suivre l’enquête d’Agnès Rougier (MFI) dans trois des six réserves de biosphère de l’Afrique de l’Ouest : la Pendjari au Bénin, la Mare aux Hippopotames au Burkina Faso et le Parc transfrontalier du W, à cheval sur ces deux pays et le Niger... Des reportages réalisés en partenariat avec le programme Mab-Unesco, la Commission canadiennede l’Unesco et le Fonds Français pour l’Environnement Mondial. Mais pour commencer, qu’est-ce qu’une réserve de biosphère?

Les réserves de biosphère ont été créées par l’Unesco, depuis 1974, dans l’objectif d’associer les populations à la gestion de l’environnement. Elles sont conçues pour répondre à une des questions essentielles qui se pose aujourd’hui, à savoir comment concilier la conservation de la biodiversité et des ressources biologiques avec leur utilisation durable ? En effet, l’histoire de la conservation nous apprend que ces endroits, où la biodiversité est importante mais fragile, ne peuvent exister qu’avec ceux qui y vivent. Le réseau compte aujourd’hui 531 sites répartis dans 105 pays.

En Afrique, depuis la colonisation, la conservation de l’environnement s’est surtout pratiquée en écartant les hommes des aires protégées. Les choses ont changé depuis 1974 avec le concept de réserve de biosphère qui rétablit la place de l’homme au sein de son environnement et repose sur la participation active des populations.

Des zones correspondant pour la plupart aux anciennes réserves de chasse

Le programme régional Unesco-Man and Biosphere (MAB)/Pnue-Fonds pour l’Environnement mondial (Pnue-Fem) réunit six pays d’Afrique de l’Ouest qui ont proposé chacun une réserve de biosphère sur leur territoire: la Pendjari (Bénin), la Mare aux Hippopotames (Burkina Faso), la Comoé (Côte d’Ivoire), la Boucle du Baoulé (Mali), le W du Niger (Niger) et le Niokolo Koba (Sénégal). Ces sites, qui appartiennent à des pays limitrophes, partagent les mêmes caractéristiques climatiques et écologiques. Ils représentent ainsi un sous-réseau régional qui permet d’échanger plus facilement des expériences et des idées. Ces six réserves de biosphère d’Afrique de l’Ouest sont situées pour la plupart sur les lieux des anciens parcs naturels ou réserves de chasse, créés dans les années 1950. Dans chacune, le développement durable a été mis en œuvre pour répondre aux mêmes objectifs mais avec des solutions différentes et adaptées.

La plus grande des réserves de biosphère est le parc transfrontalier du W. Le Parc du W couvre au total un territoire de plus de 1 million d’hectares, répartis entre les Etats du Bénin (550 000 ha), du Burkina Faso (250 000 ha) et du Niger (220 000 ha), auxquels il faut ajouter les Zones de chasse de l’Atacora, du Mekrou et du Djona. Mais il s’agit, en réalité, d’un territoire encore plus vaste puisque le sud du parc W – situé au nord-ouest du Bénin – jouxte la réserve de la Pendjari qui, avec le parc d’Arly, fait partie du complexe W-A-P. Avec quelque 19 200 hectares, la plus petite de ces six réserves de biosphère est la Mare aux Hippopotames, au Burkina Faso.

Le paradoxe du long terme

La préservation de l’environnement repose obligatoirement sur un travail de long terme. Or, les politiques – qu’elles soient intérieures ou extérieures – pensent volontiers le court terme électoral avant le long terme. Les financements associés suivent donc le même chemin, ce qui crée un véritable paradoxe lorsque l’on pense environnement.

En effet, les résultats des changements de mode d’exploitation de l’environnement sur lui-même sont rarement immédiats. Et quand on les constate rapidement, cela ne présume pas de leur pérennité. Si, par exemple, on implique les braconniers dans la défense de la réserve, le nombre d’herbivores remontera rapidement; mais encore faut-il financer les équipes de surveillance de façon continue ; sinon, le braconnage reprendra le dessus et le nombre d’animaux chutera à nouveau.

C’est la raison pour laquelle l’Unesco, le Fonds français pour l’Environnement mondial (FFEM), et le FEM se sont donnés pour mission d’aider les populations à construire leur propre autonomie, par la création de filières autogérées, ce qui devrait, à terme, les mettre à l’abri des changements politiques et des baisses de financement.

L’environnement, parent pauvre de la crise financière mondiale

L’objectif des programmes de soutien aux populations des réserves de biosphère est de leur donner les moyens d’agir en toute indépendance sur les écosystèmes dans lesquels elles vivent tout en les préservant sur le long terme.

Des solutions d’exploitation durable des ressources naturelles sont en train de voir le jour, et les solutions sont diverses. L’échange de savoirs et d’expériences entre les réserves – qui est une composante importante du réseau MAB – est très enrichissant.

Ces solutions devraient permettre aux populations des villages de ne plus dépendre de financements internationaux, qui ont tendance à se raréfier en période de crise. Mais le processus n’est pas terminé, et tout le monde espère qu’il se prolongera suffisamment pour arriver à terme.

La biosphère, qu’est-ce que c’est?

Bien souvent l’activité humaine agresse la nature et affecte la biodiversité. L’Unesco estime que l’utilisation et la conservation des terres et des ressources en eau devraient aller de pair et qu’une approche interdisciplinaire et une vision à long terme sont essentielles. Le concept des réserves de biosphère dépasse celui des aires de conservation traditionnelles grâce à la combinaison d’aires centrales protégées avec des zones où le développement durable est encouragé par les populations locales et les entreprises qui s’y trouvent. Leur système de gouvernance est souvent extrêmement innovant. Dans certains cas, une nouvelle législation peut y être mise en place. Les réserves de biosphère ont trois fonctions interdépendantes :

  • conservation : paysages, écosystèmes, espèces et variation génétique ;
  • développement : économique et humain et culturellement adapté ;
  • appui logistique : recherche, surveillance continue, éducation environnementale et formation.

Une réserve de biosphère est divisée en plusieurs espaces concentriques, dédiés à différentes activités :

  • aire centrale : dédiée à la conservation et à l’étude ; la grande biodiversité y est un atout pour la recherche scientifique. Toute autre activité y est proscrite, à l’exception de cultes et rites traditionnels.
  • aires de transition : les pistes et autres infrastructures touristiques y sont bien développées, et sont bien entretenues.
  • zones tampons : elles entourent les aires centrale et de transition. Brûlées volontairement avant la saison sèche, elles protègent du feu l’aire centrale, en favorisant la repousse verte pour les herbivores. On y trouve des aires de chasse privée avec des quotas d’exploitation en fonction de la reproduction des animaux. La population y exploite les ressources naturelles : pêche, points d’eau pour le bétail, cueillette de plantes médicinales, ramassage de bois sec pour le chauffage…
  • zone d’occupation contrôlée : la population pratique une agriculture durable, comme le coton biologique.

Les cultes et pratiques traditionnelles sont tolérés dans tout l’espace de la réserve.

Agnès Rougier (MFI)