mardi, 03. septembre 2013

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Les différents types de déchets : caractéristiques et quantités produites

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Déchets ménagers usuels, inertes (déchets de bricolage et de travaux),encombrants, déchets des collectivités (espaces verts, nettoiement,boues d’épuration issues de l’assainissement collectif), déchets liés à l’automobile (pneus, huiles, tôles, etc.), déchets agricoles, déchets industriels (banals, polluants, inertes), etc., la liste est longue, de même que les modalités de collecte et de traitement : il n’y a aucune commune mesure entre les épluchures de la ménagère et les productions toxiques d’une industrie chimique.

Or, malgré des repères simples, les déchets constituent souvent des mélanges hétérogènes dont la composition varie selon l’époque et le lieu (exemple des déchets ménagers dont la nature est différente selon qu’ils sont produits à la ville ou à la campagne, l’été ou l’hiver). De plus, la définition même du déchet est floue : un déchet est un déchet pour celui qui s’en débarrasse, mais peut ne plus en être un pour celui qui lui trouve une utilité (il suffit, pour s’en convaincre, d’observer les récupérateurs qui s’affairent autour des « encombrants » avant lepassage de la benne !).
Plusieurs classifications ont été proposées. L’une d’entre elles, basée sur le périmètre de collecte, permet de faire un tour d’horizon complet, en distinguant les origines municipales, industrielles et agricoles. Les limites de cette classification résident dans les nombreuses interférences existant entre ces différentes origines.

1.1 Déchets municipaux

1.1.1 Déchets ménagers

Tableau 1.1– Composition moyenne des ordures ménagères en France (ADEME enquête ITOM 2002).


Les déchets de l’activité domestique, dits « des ménages », représentent une production d’environ 1 kg par jour et par habitant, soit un total annuel en France voisin de 22 Mt. Ils sont pour la plupart collectés par les services de la voirie, soit en vrac, soit de façon sélective. Une petite fraction estimée à 0,3 million de tonnes est auto-éliminée, en particulier dans les zones rurales (compostage individuel, incinération, zones de non-collecte…).
On appelait jusqu’en janvier 2006 « déchets assimilés aux déchets ménagers » ceux qui sont issus des commerces, de l’artisanat, des
bureaux, et qui sont collectés de la même manière que les déchets ménagers proprement dits.
Un arrêté du Ministère de l’écologie et du développement durable les désigne désormais sous le vocable de « déchets non dangereux ».
Le total de ces déchets constitue les ordures ménagères (OM). Ce total représente 28 Mt/an en France, soit une moyenne de 450 kg par habitant et par an, dont 353 kg pour la seule poubelle de la ménagère (avec des variations géographiques marquées puisque le chiffre urbain est plutôt voisin de 520 kg, tandis qu’il n’est que de 320 kg en zone rurale).
Jusqu’en 2002, la production a augmenté régulièrement d’environ 2,2 % par an. Depuis, elle n’augmente plus que de 1,6 % par an, en raison, en partie, de la diminution du volume des emballages.

Des déchets toxiques sont produits en petites quantités par les ménages, de l’ordre de 2 kg par an et par habitant (restes de peinture, de colle, de produit d’entretien, etc.).

1.1.2 Autres déchets municipaux

Sous ce vocable sont regroupés tous les autres déchets collectés par les collectivités locales. En fait, la définition varie d’une commune à l’autre, selon ce que les municipalités ont décidé de collecter, et ces déchets peuvent aussi comprendre, par exemple, des déchets industriels banals comparables à ceux qui sont évoqués ci-dessous (cf.1.2).
En règle générale, il s’agit :

  • des déchets des ménages qui ne peuvent pas faire l’objet des collectes usuelles : – soit du fait de leur volume ou de leur poids : encombrants (ou monstres) et déchets de bricolage et de travaux (ou inertes). Un volume non négligeable de ces déchets est encore parfois abandonné dans la nature ;– soit du fait de leur nature polluante potentielle : déchets ménagersspéciaux (piles et huiles de vidange surtout) ;
  • des déchets des espaces verts (environ 1 Mt/an) ;
  • des déchets de nettoiement de la voirie publique ;
  • des déchets liés à l’automobile (pneus, huiles et carcasses) ;
  • des déchets d’assainissement collectif (boues des stations d’épuration).

L’ensemble représente annuellement environ 14 M€

1.2 Déchets industriels

393 millions de tonnes ont été produites en 2004 par les activités économiques (hors agricoles), dont environ 90 % d’inertes (déblais et gravas), issus pour la plupart du secteur du Bâtiment-Travaux-Publics (BTP).
Une autre grande partie est assimilable aux ordures ménagères et est appelée déchets industriels banals , ou déchets banals d’entreprises
(DBE), ou encore déchets industriels non dangereux (DIND).
Le reste (environ 6 Mt) constitue les déchets industriels spéciaux ou déchets industriels dangereux (DID) : il s’agit d’éléments polluants nécessitant des traitements spéciaux.

1.3 Déchets agricoles

Avec une production (probablement sous-estimée) de 374 millions de tonnes de déchets par an, le secteur de l’agriculture (élevage et culture)
présente la particularité de produire en grande quantité des fermentescibles et d’en réutiliser une bonne partie lui-même (épandages des fumiers par exemple). Cette valorisation en interne ne permet pas d’obtenir des chiffres précis sur le volume du gisement.
Les déchets de l’agroalimentaire représentent environ 40 millions de tonnes. Ils sont souvent comptabilisés avec les déchets industriels.
Fermentescibles pour l’essentiel, ils sont dirigés vers des filières qui leur sont souvent spécifiques.
Les éleveurs sont les plus gros producteurs avec une moyenne de 280 Mt/an.

1.4 Production annuelle totale et comparaison internationale

Au total la production annuelle de déchets en France est estimée à 849 Mt, mais cette quantité est probablement sous-estimée : en effet, les
rejets sauvages et les traitements de certaines fractions par les particuliers eux-mêmes échappent à toutes statistiques et la seule donnée relativement fiable est celle des déchets industriels spéciaux, ceux-ci faisant l’objet d’un contrôle rigoureux.
La comparaison internationale montre que, à quelques exceptions près, plus un pays est riche, plus il produit de déchets : ainsi les États-Unis produisent 755 kg par an et par habitant, 10 fois plus que certains pays en voie de développement.
La France se situe à un niveau moyen parmi les pays riches.

1.5 Classification officielle des déchets

Une liste unique des déchets (dangereux et non dangereux) est énoncée en annexe du décret n° 2002-540 du 18 avril 2002 sous forme d’une
nomenclature à six chiffres. Le classement est effectué soit selon l’origine de production des déchets, soit selon l’origine du produit dont
est issu le déchet.